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L'espace en chiffres
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LA CONQUETE DE L’ESPACE, quelques données…

En 15 ans, 1600 satellites ont été lancés.
A l’avenir, on prévoit 110 lancements de satellites par an pour répondre aux besoins des chercheurs et des industriels.
Cela correspond à un marché de 250 milliards de dollars sur 15 ans.

Les grandes structures dans le secteur de l’espace, l’astronomie et l’aérospatial :

Le CNES (Centre National d’Etudes Spatiales) : Etablissement public à caractère industriel et commercial français.
En quelques chiffres cette structure comporte :
1 740 millions d’euros de budget annuel.
4 centres : Paris, Toulouse, Evry et Kourou.
2418 salariés.
Point actualité : En 2012, l’ensemble instrumental SAM, qui dans le cadre de la mission MSL étudiera la composition organique du sol et de l’atmosphère martiens, sera prêt à partir.
Une équipe française a pris part au projet !
Durant le salon du Bourget 2011, le CNES et la Snecma (groupe Safran) ont signé le 1er contrat concernant la préparation d’Ariane 6 dans le cadre du Programme d’Investissement d’Avenir.

L’ESA (European Space Agency) : Agence spatiale européenne intergouvernementale.
En quelques chiffres cette structure comporte :
3 986 millions d’euros de budget annuel.
1900 salariés dispatchés dans plusieurs centres en Europe : France, Italie, Espagne, Allemagne et Pays Bas.
Point actualité : Fin juin, le télescope spatial à rayons X de l'ESA a observé l'embrasement du cœur d'une étoile géante défunte après la capture d'un amas de matière issu d'une supergéante bleue.

La NASA (National Aeronautics and Space Administration) : Agence gouvernementale américaine chargée de la majeure partie du programme spatial civil des États-Unis.
En quelques chiffres cette structure comporte :
19 milliards de dollars de budget annuel en 2011.
10 centres spatiaux dans tous les USA.
400 000 salariés.
Point actualité : le robot Curiosity, à destination de Mars pour une exploration inédite de la planète, devrait arriver sur place en aout de l’année prochaine.

Le FKA (Agence spatiale fédérale russe) : Agence gouvernementale russe responsable du programme spatial civil.
En quelques chiffres cette structure comporte : 2.4 milliards de dollars de budget annuel en 2011.

Le CNSA (China National Space Administration) : Agence spatiale chinoise.
Membre de l’Asia-Pacific Space Cooperation Organization opérationnelle en 2008.
En quelques chiffres cette structure comporte :
500 millions de dollars de budget annuel en 2011.

Le coût de la conquête spatiale :

Les chiffres sont un peu anciens mais reflètent toujours une réalité des coûts dans le domaine de la recherche spatiale.
Les dépenses engagées en Recherche & Développement représentent pour les principaux pays
(source 2002 en %PIB)

JAPON : 3% PIB
USA : 2.8% PIB
FRANCE : 2% PIB
ROYAUME UNIS : 2% PIB
RUSSIE : 1% PIB
CHINE : 1% PIB

Concrètement, un pays qui peut se permettre de consacrer près de 3% de son budget à la recherche et au développement a une avance économique évidente sur ses concurrents et cela se ressent dans tous les secteurs de l'économie et compris sur le chiffre d'affaire des sociétés aérospastiales nationales. Ainsi, à elle seule la société Lockheed Martin vend annuellement pour 35 milliards de dollars de vaisseaux spatiaux, produits militaires et autres jets.

Le prix unitaire d'une navette spatiale revient à 1.5 milliard de dollars pour un coût d'investissement global de 35 milliards de dollars. Bien qu'une navette soit donc deux fois plus cher qu'une fusée, elle offre les grands avantages d'atterrir par ses propres moyens, d'être réutilisable et polyvalente, servant à la fois de navette, de cargo, de plate-forme de lancement et de laboratoire.
En 2004, la société américaine Space Island Group estimait le prix d'ingénierie d'une deuxième génération de navettes spatiales (Shuttle II) à 4 milliards de dollars dont le développement serait planifié sur 3 ans. Le prototype coûterait 600 millions de dollars pour un prix commercial de 400 millions de dollars. Rappelons à titre indicatif que le lancement d’un missile Tomahawk revient à environ un million de dollars et un avion de combat biréacteur F-18 à environ 50 millions de dollars. Mais après deux tragédies, devant la fragilité des navettes, la NASA a décidé de revenir à la fusée, quitte à légèrement adapter le lanceur pour le rendre plus fiable encore.

Une fusée comme Ariane 5E/CA coûte environ 120 millions de dollars et peut emporter 10 tonnes de charge utile, mettant le prix du kilo embarqué à 12000$, le prix d'un lingot d'or, sans oublier qu'il n'y a pas d'assurance sur ces véhicules de transport mais uniquement sur certaines charges utiles. Sur d'autres lanceurs, le prix du kilo embarqué peut coûter jusqu'à 30000$ et sept fois ce prix quand il s'agit de "touristes".

En 2006, le budget préliminaire de l'exploration de Mars était estimé à environ 12 milliards de dollars jusqu'en 2020 répartis à concurrence de 800 millions de dollars par an, ce qui représente 4 à 5% du budget de la NASA. Rappelons que le prix d'une mission habitée vers Mars est estimé à 600 milliards de dollars, soit 27 fois le budget de la NASA en 2020, ce qui représente plus du quart des dépenses des Etats-Unis ! Dans cette perspective, Mars reste un objectif à long terme dont le programme ne peut être financé que par un consortium international.

Enfin, au cours des prochaines années, la NASA se réservera également 200 millions de dollars par an pour financer les systèmes américains ou étrangers de transport vers la station ISS. Le véhicule de transport Orion destiné à l'exploration de la Lune et de Mars desservira également à l'occasion la station ISS. Le contrat fut remporté par Lockheed Martin et représente un budget préliminaire de 4 milliards de dollars.
Ensemble, ces programmes grèvent donc le budget de la NASA de 52 à 66% jusqu'en 2020. Depuis 2006, le budget augmente d'environ 2.4% par an, pour atteindre environ 18 milliards de dollars US en 2010 tandis que le budget de l’armée américaine a augmenté de 48% depuis 2001.
 
Entre 2010 et 2020, la NASA prévoit d'augmenter son budget de 2.2% par an. Il sera alors de 22.5 milliards de dollars en 2020 soit moins de 1% des dépenses fédérales (en comparaison en 2007 la répartition du budget fédéral était prévu à 9.4% pour les transports, 7.2% pour la justice, 6.9% pour la défense...).

Un investissement couteux mais lucratif :

1 euro investi dans l'espace en rapporte 3 et touche tous les jours de nouveaux secteurs. L'espace est rentable et le deviendra de plus en plus si de nouveaux acteurs du secteur privé ont la possibilité de s'y investir et de partager ses succès. Les retombées sont énormes dans plusieurs secteurs clés tels que : les télécommunications, l’énergie, la biologie, la recherche pharmaceutique…

Coût de quelques projets “astronomiques”
 
Nom du projet                    Coût (USD 2000)
 
Un vol habité vers Mars                                600 milliards
Station Spatiale Internationale                      100 milliards
“Village global” numérique (GlobalStar...)    100 milliards
La future base lunaire                                  90 milliards
Les 17 missions Apollo                                73 milliards
Budget annuel de la NASA                          12 milliards
Navette spatiale (2006)                               3 milliards
Skylab (Saturn V)                                        2.7 milliards
Télescope XMM (rayons X)                         900 millions
VLTI de l’ESO (4 x 8.50m )                           90 millions
New Generation Space Telescope              25 millions
Projet ORION (vaisseau spatial)                  11 millions
Combinaison spatiale EMU                           10.4 millions
Budget annuel du projet PHOENIX (SETI)     3 millions
Mise en orbite d’un kilo de charge utile        20 milles

A titre de comparaison, le lancement d’un missile Tomahawk revient à environ un million de dollars. L'arrêt économique d'un pays comme la Belgique durant une journée faute de carburant coûte plus de 40 millions de dollars.

Aux Etats-Unis comme en Europe, les industriels sont impatients de participer au développement de l'industrie spatiale, tel qu'en témoigne le rapport STAR21 de la Commission Européenne. L'exploitation minière des millions de tonnes de métaux contenus dans une aérosidérolite est... 20 fois plus rentable que l'extraction d'une masse équivalente de minerais sur Terre !
Que fait l'industrie aérospatiale en pratique ? Mis à part la question du déploiement militaire en orbite (espionnage et défense), les projets des agences spatiales ne se limitent pas à des programmes civils ou militaires d'observations ou de recherches fondamentales. Une partie du budget est investie dans des recherches appliquées ou à lancer des satellites pour des sociétés privées. Les astronautes qui ont participé aux missions de Skylab, Spacelab, Soyouz, Salyout, Mir et ISS ont consacré une bonne partie de leur temps à des recherches dans les sciences de la vie en microgravité, domaines qui regroupent plusieurs disciplines de la biologie, de la botanique et de la physiologie. 
L'étude des mécanismes de reproduction, de croissance et d'adaptation en microgravité sont des domaines de la recherche très prometteurs. L'étude de la biologie du rayonnement (l'influence du rayonnement sur les tissus vivants) et de la biotechnologie commence à produire des protéines précieuses à des fins médicales (remède contre l'ostéoporose, etc…).

Un deuxième volet important est l'étude des fluides et des matériaux, c'est-à-dire le comportement des liquides et des matériaux, de la croissance des cristaux et de la physique en général. En pharmacologie, l’absence de gravité facilite la cristallisation des protéines, augmente leur volumétrie et permet de créer des médicaments plus stables.
La technologie spatiale a également permis à des sociétés civiles de construire des revêtements hydrophobes assurant un meilleur écoulant du flux pour les avions de ligne, des vêtements protecteurs pour les enfants souffrants de carences immunitaires et quantité d’objets industriels plus performants, tels des filtres à air, des billes de latex, etc.

Les recherches dans le domaine spatial sont tellement prometteuses que les industriels envisagent d'envoyer là-haut de véritables usines pour fabriquer des matériaux spéciaux même si les coûts de transport élevés rendent pour l’instant le projet irréaliste.

Enfin, n'oublions pas non plus que l'espace a déjà concrètement de nombreuses applications au quotidien dont nous profitons tous tels que les satellites de communication, en particulier les réseaux téléphoniques "sans fil", cellulaires et aux Pagers.

Sources :



http://www.cnsa.fr
http://www.nasa.gov
http://www.cnes.fr
http://www.esa.int
http://www.federalspace.ru
http://www.astrosurf.com

 



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