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La genèse d'Al-Qaïda
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Al-Qaida (« La Base »)  

Le nom de l'organisation vient du nom arabe qa'idah qui signifie la « base », en particulier militaire. Osama Ben Laden a expliqué l'origine de ce terme dans une videocassette avec le journaliste Tayseer Alouni, pour Al Jazeera, en octobre 2001 : « Le nom d'al-Qaeda fut établi il y a longtemps et par hasard. Le défunt Abu Ebeida eL-Banashiri avait établi les camps d'entraînement pour nos Moudjahiddines contre le terrorisme de la Russie. Nous avions l'habitude d'appeler le camp d'entraînement "la base", soit "al-Qaeda". ». Le camp d'entrainement en question se trouvait près de Jalalabad.
Al-Qaida, qui signifie littéralement la "base de données", était originellement les fichiers informatiques regroupant les milliers de moujahidines recrutés et formés par la CIA pour vaincre les Russes.


La création d’Al-Qaida : le combat contre l’ennemi soviétique :
En 1984, afin d’établir une certaine structure d’accueil pour les militants volontaires qui veulent participer au djihad afghan contre l’ennemi soviétique, Abdallah Azzam et Oussama ben Laden instituent un bureau des services, le Maktab Al Khedamat (MAK) (Baud, 2003). Le MAK est soutenu par d'autres organisations islamistes, d'organisations caritatives et de la CIA qui déploie dans cette période une politique interventionniste dans le souci d'enrayer et d'abattre la puissance de l'URSS. Sa fonction prépondérante est d’instaurer une infrastructure capable de fournir de l’assistance dans les domaines suivants : la logistique militaire, le financement et l’humanitaire (Thomas, 2005). Le MAK est aussi sollicité pour développer des relations avec des milieux islamiques internationaux, comme celui d’Al-Kifah de la mosquée Al-Farouq dans le quartier de Brooklyn à New York. Entre 1984 et 1989, Azzam entreprend de nombreux voyages sur le sol américain et européen dans le but de solliciter et de ramasser des fonds provenant de musulmans émigrants afin qu’ils soutiennent financièrement le djihad afghan. De son côté, Ben Laden avec son argent personnel décide de créer une structure organisationnelle, la Maison des partisans (Bayt al ansar) destinée à donner l’hospitalité aux moudjahidines. Cette ossature organisationnelle comprenait des camps d’entraînements établis entre les villes de Jalalabad et Peshawar, en Afghanistan. Au total, six camps sont institués en 1986, celui d’Al-farouq se trouvait être le plus influent.

Les volontaires, estimés à plus de 10 000 combattants (Baud, 2003), qui briguent à devenir membres de cette structure organisationnelle doivent signer un formulaire et prêter serment devant un comité interne (Gunaratna, 2002).
Par la suite, les combattants sont dispatchés selon leur nationalité.
Après avoir fait l’acquisition des assises militaires (maniement d’armes légères et d’explosifs) ces derniers s’en vont retrouver les différentes brigades afghanes qui luttent contre l’ennemi soviétique (Thomas, 2005). Ces volontaires abondent de partout à travers le monde (Arabie Saoudite, Égypte, Maghreb, Algérie, Maroc, Philippines, Indonésie, Europe, Etats-Unis, etc.) réagissant notamment aux fatwas appelant à repousser les infidèles et au travail de recrutement d’Azzam.

L’ennemi commun soviétique nous dit Sageman (2004) a amené le décloisonnement des différents groupes djihadistes, ils se sont tous homogénéisés sous le même antagoniste. Lorsque ce dernier a abdiqué et s’est retiré du sol afghan, la raison d’être du djihad afghan venait de collapser.
Afin de voir perdurer ce mouvement social de combattant, Azzam propose de créer une avant-garde (Al-Qaida) conquérante qui sache cornaquer les musulmans dans leur reconquête des terres musulmanes.
L’assassinat d’Azzam le 24 novembre 1989, va donner un élan différent à Al-Qaida. Azzam cherchait principalement à reconquérir les anciennes terres de l’islam, alors que les Égyptiens, très influents au sein de la mouvance d’Al-Qaida, priorisaient plutôt la lutte contre les pouvoirs musulmans perfides.
Pour cette raison, la mort d’Azzam serait la résultante d’une conspiration entre groupes terroristes égyptiens (Gunaratna, 2002 ; Sageman, 2004). À partir de ce moment, Ben Laden devient le seul mentor de ce qu’allait devenir Al-Qaida.
Le MAK s’éclate et ses éléments les plus extrémistes se rallient auprès de Ben Laden (Baud, 2003).
Après la prise de Kaboul par les Talibans en 1996, Ben Laden organise la formation des moudjahiddins arabes, développant ainsi les réseaux de la mouvance Al-Qaida.

Durant la période de lutte armée opposant les combattants du djihad afghan et l’ennemi soviétique, la structure organisationnelle d’Al-Qaida était essentiellement de type hiérarchique. Elle utilisait une chaîne de communication clairement définie de haut en bas et elle se ralliait à une chaîne de commandement rigide ayant des objectifs bien arrêtés (Mishal & Rosenthal, 2005). Chaque unité était subordonnée à une structure pyramidale qui à son tour était tributaire du leadership de l’organisation centrale. Dans ce cas-ci, ce dernier était celui du comité interne, dont Ben Laden à sa tête. Les identités sociales, les frontières, les choix d’acteurs étaient fixes, permanents, et ordonnés, sans compter que les tâches étaient divisées de façon stricte et requéraient un haut niveau de spécialisation (Mishal & Rosenthal, 2005). Ce type de structure a permis d’expédier des combattants et de l’aide en Afghanistan, et plus tard, a servi de base pour initier des attaques terroristes à travers le monde occidental (Hoffman, 1998).
On peut faire remonter à février 1998 la date où Al-Qaida cesse de n'être qu'un réseau pour devenir une réelle organisation. En effet, le 23 février 1998 est publié un « Appel au djihad pour la libération des Lieux saints musulmans » du Front islamique mondial pour le djihad contre les juifs et les croisés . Ce texte est signé par Oussama Ben Laden, Ayman al-Zawahiri (Jihad islamique égyptien), Ahmed Taha (Gamaa al-Islamiya), Moulana Mir Hamza (Jamiat Ulama Pakistan), Abdel Salam Mohammed (Harakat ul-Jihad-i-Islami/Bangladesh) et Moulana Fazil Al Ruhman Khalil (Harakat ul-Jihad-i-Islami/Bangladesh). Le texte proclame : « Tous ces crimes et exactions commis par les Américains représentent une déclaration de guerre franche contre Dieu, son prophète et les musulmans.(...)En conséquence, et en accord avec les commandements d'Allah, nous publions la fatwa suivante à destination de tous les musulmans : "Tuer les Américains et leurs alliés civils et militaires est un devoir individuel pour chaque musulman qui peut le faire partout où il lui est possible de le faire jusqu'à la libération de la mosquée al-Aqsa et de la mosquée Al Haram de leur mainmise. ». C'est à cette époque qu'Al-Qaida commence de réelles campagnes d'attentats (dès le mois d'août, deux ambassades américaines sont visées).
Le 15 octobre 1999, suite à ces exactions et à sa collusion avec le régime Taliban, le conseil de sécurité met en place le Comité créé par la résolution 1267 (1999) chargé de la promotion de la lutte contre Al-Qaida, les Taliban et les personnes et entités qui leur sont associées à l'échelon mondial.
Le 10 juillet 2005, Abou Abd Al-Aziz, un lieutenant d'Al-Qaida a été arrêté à Bagdad, après un raid de l'armée américaine. Selon l'état-major américain, Abou Abd Al-Aziz était « un dirigeant d'une cellule terroriste à Bagdad ainsi qu'un responsable des opérations pour Al-Qaida en Irak ».
Le 14 juillet 2005, Khamis Farhan Khalaf Abed Al-Fahdawi, alias Abou Saba, a été arrêté à Ramadi en Irak. Il faisait partie du réseau Al-Qaida en Irak. On le soupçonnait d'être responsable de l'assassinat de Ihab Al-Chérifet, chargé d'affaires égyptien, ainsi que d'un diplomate de Bahreïn.
En janvier 2006, sa branche irakienne participe à la fondation du Conseil consultatif des Moudjahidines en Irak.
Le 7 juin 2006, le chef d'Al-Qaida en Irak Abou Moussab Zarqaoui est tué pendant un raid aérien américain.
Al-Qaida entretient des relations très étroites avec nombre d'autres organisations terroristes islamiques comme le groupe indonésien extrémiste Jemaah Islamiyah.
Cependant, il règne une grande confusion sur la nature même d'Al-Qaida. Tantôt dépeinte comme une organisation terroriste structurée dont Oussama Ben Laden serait le chef, tantôt comme une nébuleuse de mouvements djihadistes ou encore comme un réseau de cellules terroristes indépendantes, nul n'est en mesure de définir clairement la structure d'Al-Qaida.
Les spécialistes de l’organisation affirment que la structure non hiérarchisée du réseau d’Al-Qaida est à la fois sa force et sa faiblesse. En effet, la structure décentralisée permet à Al-Qaida d’avoir une base mondiale ; cependant, les actions impliquant un haut degré d’organisation, comme les attaques du 11 septembre, prennent beaucoup de temps et d’efforts à mettre en œuvre. Les efforts des États-Unis pour perturber l’organisation d’Al-Qaida ont été des succès partiels. Les attaques menées par Al-Qaida depuis lors ont en effet été plus simples, impliquant moins de personnes.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé à l'unanimité le 16 janvier 2002 d’établir un embargo et de geler les capitaux d’Oussama Ben Laden et des Talibans restants.

Chefs régionaux ou émirs :
•   Abdelmalek Droukdal pour l'Algérie
•   Abou Hamza Al-Mouhajer pour l'Irak (Al-Qaida en Irak).
•   Amin ul-Haq pour le sous-continent indien (région indo-pakistanaise).
•   Mohammad Omar, fut le chef des Talibans d'Afghanistan et le chef d'État de facto de ce pays de 1996 à 2001. Selon les autorités afghanes, il est réfugié à Quetta au Baloutchistan.
•   Moustapha Abou al-Yazid, alias « Saïd » pour l'Afghanistan.
•   Salah al-Awadi pour le Moyen-Orient.
•   Saoud al-Aouataybi pour le Golfe.
•   Hamza Ali Saleh al Dhayani pour le Yémen.
•   Nasser al-Wouhayshi, Yéménite, ancien secrétaire d'Oussama Ben Laden: Al-Qaida dans la péninsule arabique, fusion des branches saoudienne et yéménite
•   Fazul Abdullah Mohammed pour l'Afrique de l'est depuis fin 2009.

Anciens chefs :
•   Mohammed Atef, ancien no 3, tué en Afghanistan au cours d'un bombardement américain fin 2001.
•   Khalid Cheikh Mohammed, ancien no 3, arrêté au Pakistan en février 2003.
•   Nabil Sahraoui, chef pour l'Algérie, tué en juin 2004.
•   Habib Akdash pour le Grand Orient (Syrie, Jordanie, Liban, Turquie). Tué en 2004 lors d'un bombardement américain.
•   Abdelkrim al-Medjati, chef pour le Maghreb et l'Europe, tué à Riyad en Arabie saoudite le 5 avril 2005.
•   Abou Faraj al-Libbi, responsable des opérations extérieures, depuis avril 2004. Arrêté au Pakistan le 3 mai 2005.
•   Abou Abd Al-Aziz, arrêté à Bagdad en juillet 2005
•   Abou Saba de son vrai nom Khamis Farhan Khalaf Abed Al-Fahdawi, arrêté à Ramadi en juillet 2005.
•   Abou Moussab al-Zarqaoui de son vrai non Fadel Nazzal al-Khalayleh, chef pour l'Irak, tué à Bakouba au cours d'un bombardement américain le 7 juin 2006.
•   Aereef Sumarso pour l'Asie du Sud-Est, arrêté en juin 2007 par la police indonésienne.
•   Mehdat Mursi, nom de guerre Abou Khabab, responsable de la sécurité interne depuis 2002, il dirigeait la Force 55. Tué au Pakistan le 28 juillet 2008.
•   Abou Jihad al-Masri, propagandiste, tué au Pakistan le 31 octobre 2008.
•   Fahid Mohammed Ally Msalam pour le Pakistan, tué le 1er janvier 2009 par un drone américain, avec son lieutenant Cheikh Ahmed Salim Swedan.
•   Tohir Yo‘ldosh, chef pour l'Asie centrale. Tué au Waziristan par une attaque de drone américain le 27 août 2009.
•   Saleh Ali Saleh Nabhan, commandant militaire en Somalie, tué le 14 septembre 2009.
•   Saleh al-Somali, tué en décembre 2009.

Sources :
ERTA : Equipe de Recherche sur le Terrorisme et l’Antiterrorisme
http://www.erta-tcrg.org/


Wikipedia



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